[ Rades ]

France, 2018 - (en cours)

Photographie d’une France des bistrots vivants, de leurs patrons et habitués.

Alors que l’on comptait plus de 200 000 cafés en France dans les années 1960, leur nombre a depuis vertigineusement chuté pour péniblement atteindre les 36 000 enseignes aujourd'hui. Pire, 26 000 communes seraient aujourd’hui sans troquet. Documenter ces fermetures aurait pu être un angle. Donner à voir le verre vide, l’absence au comptoir, la décrépitude des crépis.

Cette série, elle, fait le choix de montrer le rideau à moitié levé plutôt qu’à moitié baissé des Rades, terme affectif choisi pour valoriser tout le folklore populaire de ces espaces-temps remplis de vies. Celles de patron.nes et habitué.es débattant au comptoir autour d’un espresso, d’une bière pression et de cacahuètes trop salées, ou s’en détachant pour lire le journal en terrasse ou jouer au baby. Des histoires inscrites dans les murs d’établissements souvent baptisés du même nom - Café des Sports, Café de la Place et Longchamp en tête (Insee, 2019) - et parfois eux-mêmes (Monuments) Historiques, comme c'est le cas d'une dizaine encore en France.

Portraits, détails et moments choisis.

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Sujets couverts :
- Chez Jymm et Marlène, le bistrot des mariniers de Saint-Mammès, août 2021 (Le Monde)
- Dans l’Allier, la renaissance du bistrot du bout du monde, août 2021 (Le Monde)
- Sur la « scène » de L’Annexe, un duo de cafetiers bien accordé, août 2021 (Le Monde)
- Au Café de la Place, le fabuleux destin de « Quiquine », juillet 2021 (Le Monde)
- Au Zorba, entre Portugal, Grèce et Kabylie, le melting-pot remet sa tournée, juillet 2021 (Le Monde)
- A La Chapelle, 100 ans d’une vie de bistrot, juillet 2021 (Le Monde)
- La Planète Terrasse, mai 2021 (Society)
- Interview réouverture des terrasses, mai 2021 (Radio Nova)
- Dieux du Rade 2020 (calendrier)
- 10 terrasses emblématiques de Paris, juillet 2020 (Time Out)
- Bistrots et confinement, avril 2020 (Libération)

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Carte des Rades photographiés : ici

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Portfolio : sur demande

Extrait ci dessous.

(Définition des photos adaptée pour le mobile)

Assis seul à sa table du Bar des Sports d'Ansouis (84) avec sa monture double-verres, Marius se confie : "depuis 60 ans je commande presque toujours la même chose : un rosé-limonade."

Les mains de Bruno grattant ses tickets de Cash, à l'intérieur du bar Au Boin Coin à Bordeaux (33). Une mini-bouteille de Perrier sert de cendar.

Maryse, qui sort tout juste de son déj croque-monsieur à L’Annexe (Reims, 51)

Fabrice Quinart dit “Quiquine”, proprio moustachu du Café de la Place à Brieulles-sur-Bar (08) la bien-nommée.

Les histoires derrière ces visages dans Le Monde

Des cacahuètes au bar Le Gavroche (Paris).

Une étude anglaise révélée en 1997 par le Dr Frédéric Saldmann a souligné la présence de 14 traces d'urine différentes dans une même coupelle d'arachides mise à disposition pour les clients d'un pub. Une autre analyse belge plus récente (2012) a décelé elle de l'urine dans les cacahuètes de 3 des 5 bars testés.

Rabah, patron du Zorba (Paris) et une flopée de salariés et habitués posant derrière, pour un reportage paru dans Le Monde

M’hamed, patron du bar Chez Reinette, à Revel (31). Reinette comme le surnom qu'on lui avait donné alors qu'il jouait au rugby.

Un regard - celui de Jil, j'irai la voir ensuite pour lui envoyer la photo - aux Pères Populaires (Paris).

Gâteau d'anniversaire en forme de capsule Heineken au Zorba (Paris)

Pierre et ses lunettes jaunes, habitués du Café des Sports de Saint-Étienne (42). Un "délinquant" aux dires du patron, car "il met à fond Joe Dassin dans sa voiture lorsqu'il passe sur la place".

Le carrelage haut en couleur et deux piliers du bar Le Relais Ă  Annonay (07). Didier le proprio, n'a jamais voulu changer les pantones du sol, et ce depuis sa reprise en 1987.

Poésie de comptoirs, au Café des Sports de Noves (13) et à celui de Janville (28).

Rabah, l'un des co-gérants du Zorba (Paris). "J'ai commencé à bosser ici en 2007, j'y ai vraiment appris le métier" détaille celui qui a racheté fin 2019 le Café de Paris, rue Oberkampf, et qui figure dans le Calendrier des Dieux du Rade 2020.

Ouvrant dès 5h du matin, Le Zorba est (re)connu pour être l'une des adresses d'after de Belleville. En journée il accueille essentiellement des joueurs de tiercé.

Devantures du Penalty à Chevrières (60) et du Bar de La Lune à Parcé-sur-Sarthe (72)

Georges, habitué du café Maeva, à Saint-Mammès (77), posant en terrasse. "Ma mère m’a fait avec des élastiques à la place des jambes, j’y peux rien !" lâche-t-il avant de rejoindre sa péniche amarrée juste en face, sur le quai de Seine.

Marcel et Liliane, deux siècles à eux deux, patrons du bar À La Chapelle, à Lélex (01). Ils pensent arrêter.
Et leur fils est déjà à la retraite.

Leur aventure est narrée dans Le Monde

Un petit chien et sa maîtresse, devant un verre de sirop de menthe, au PMU La Rotonde, à Biguglia (Corse), en février 2019.

Christophe et Gaëtan, prenant leur café Chez Charlette (Paris), le 2 juin 2020, 1er jour de la réouverture des terrasses d'un Paris post-confiné.

Le premier le prendra à emporter : "Je préfère, je le bois en chinant au Marché d'Aligre". Le second de crème vêtue, préfère se poser : "le bistrot m'avait manqué pendant le confinement, surtout pour aller pisser je dois avouer."

Marc, accoudé au comptoir du Sully, à Paris, un matin de décembre 2019.

"Dans les rades à l’ancienne, bah tu te sens pas tout seul. C’est ce qui me fait venir tous les jours ici prendre mon demi. Voire deux." livre-t-il.

Si les flippers, jeux d'arcade et billards peuplent de nombreux rades, le baby-foot reste un incontournable (ici celui du Café des Sports d'Égreville, en Seine-et-Marne).

Regard capté sur la terrasse du Relais de Belleville (Paris), le 2 juillet 2020 à 19h42.

Le repos des guerriers, le 19 mai 2021, jour de la réouverture des terrasses, à Paris.

Le Pavillon Bleu, Avenue du Chevalier d'Eon Ă  Tonnerre (89). Full blue.

Elles ce sont Georgette, Thérèse, Odette et Anne. Habituées du Café des Sports de la Place Sadi Carnot de Saint-Étienne (42), elles se retrouvent "tous les mardis, vendredis et dimanches, car c’est jours de marché !" précise Georgette.